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Conférence de presse du 26 octobre 2011
2011-10-26 15:27

Le 26 octobre 2011, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse.

Q : Selon des officiels européens, des discussions sont en cours actuellement sur une participation, directement ou via le FMI, de la Chine au refinancement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). La Chine envisage-t-elle une telle possibilité ? Où en sont les consultations à ce sujet ?

R : Nous suivons avec attention les dernières évolutions de la crise de dette européenne et nous avons pris note que l’UE est en train de chercher une solution. J’espère que les mesures prises par l’UE permettront de faire face efficacement aux questions de la dette souveraine dans les pays concernés, de restaurer la confiance du marché et de promouvoir une croissance stable en Europe.

Le marché financier européen a toujours été l’une des principales destinations d’investissement de la Chine. Nous sommes prêts à engager avec la partie européenne des échanges et coopérations dans de nombreux domaines pour bien exploiter les potentialités et affronter ensemble les défis en vue d’un partenariat gagnant-gagnant et d’un développement partagé.

Concernant la question précise que vous évoquiez, je vous renvoie aux départements compétents et je suis convaincue qu’ils seront tout à fait ouverts pour discuter avec la partie européenne des modalités de coopération efficaces.

Concernant les ressources du FMI, nous sommes d’avis que l’augmentation des quotes-parts est la solution essentielle pour un renforcement des ressources du FMI. Nous appelons les différentes parties à mettre en œuvre rapidement les objectifs adoptés lors du Sommet de Séoul en ce qui concerne la réforme des quotes-parts du FMI.

Q : Récemment, lors des débats sur le taux de change du Renminbi à la Chambre des Représentants du Congrès américain, l’ancien secrétaire au trésor américain Henry Paulson a jugé que les menaces de sanction d’un pays contre un autre n’était pas une approche correcte et efficace. Le président de la Chambre des Représentants John Boehner a par ailleurs dit que le projet de loi sur le taux de change du Renminbi risquerait de provoquer une guerre commerciale et qu’elle était inopportune et contre-productive. Cependant, certains Américains continuent de faire pression sur la Chine. Quel est votre commentaire ?

R : J’ai bien noté que des personnalités clairvoyantes des Etats-Unis s’opposent à tout ce tapage sur le taux de change du Renminbi qui vise à faire pression sur la Chine, estimant que cela n’est pas la solution pour régler les problèmes économiques des Etats-Unis. J’ai noté également les commentaires de certains médias occidentaux qui disent que la Chine, 2e économie du monde, ne cédera pas à la pression extérieure.

Depuis le lancement de la réforme du système du taux de change du Renminbi, la monnaie chinoise a été revalorisée de 30% par rapport au dollar américain et est aujourd’hui très proche de son niveau raisonnable et équilibré.

La politique du gouvernement chinois répond parfaitement aux conditions de notre pays et profite dans le même temps à la stabilité et au développement économiques et financiers du monde. Nous poursuivrons à pas sûrs la réforme du taux de change du Renminbi. Mais il s’agit là d’un processus long. Il est inapproprié d’exiger une hausse rapide et importante du taux de change du Renminbi. Si la croissance chinoise ralentit, la demande globale diminuera et cela n’est évidemment pas dans l’intérêt de l’économie mondiale.

Le maintien d’une relation économique et commerciale saine et stable entre la Chine et les Etats-Unis est dans l’intérêt des deux pays. Les problèmes survenus dans cette relation en expansion rapide doivent être bien réglés par voie de dialogue d’égal à égal. Politiser les questions économiques et commerciales n’est en aucun cas une solution aux problèmes des Etats-Unis. Au contraire, il ne peut que nuire à la coopération des deux pays. La Chine et les Etats-Unis doivent travailler ensemble à un développement sain de leurs relations économiques et commerciales par le dialogue et la coopération ;

Q : Israël et l’Egypte ont conclu récemment un accord d’échange de prisonniers. Quel est votre commentaire ?

R : Nous nous en félicitons. L’Egypte et Israël sont tous les deux pays importants de la région. L’amélioration de leurs relations va profiter à la paix et à la stabilité en Moyen-Orient.

Q : Veuillez nous présenter des informations sur la visite du Vice-Premier Ministre Li Keqiang en République de Corée. Par ailleurs, l’Assemblée générale des Nations Unies vient d’adopter une résolution demandant la fin l’embargo des Etats-Unis contre Cuba. Il s’agit de la 20e résolution consécutive de ce genre adoptée par les Nations Unies. Avez-vous des commentaires ?

R : Le Vice-Premier Ministre Li Keqiang est arrivé en République de Corée pour une visite officielle. Il a eu une rencontre avec le Président Lee Myung-bak et aura encore un entretien avec le Premier Ministre Kim Hwang-sik. Sa délégation donnera des informations en temps opportun.

Concernant votre deuxième question, l’Assemblée générale adopte chaque année, à une majorité écrasante et depuis 20 ans consécutifs, une résolution demandant aux Etats-Unis de lever leur embargo économique, commercial et financier contre Cuba. La Chine a voté pour cette résolution.

Malheureusement, ces résolutions n’ont jamais été effectivement mises en œuvre. Cette situation pose de graves obstacles au développement socio-économique de Cuba et aux efforts du peuple cubain pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Nous espérons que les Etats-Unis lèveront leur embargo contre Cuba conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale, et travailleront à améliorer les relations avec Cuba et à contribuer à la stabilité et au développement des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

La Chine entretient des échanges normaux avec Cuba sur les plans économique, commercial et humain. Notre coopération amicale et mutuellement avantageuse avec ce pays ne cesse de se développer dans différents domaines. Cela correspond aux souhaits des deux peuples et profite au développement socio-économique de Cuba.

R : Récemment, la Chambre des Représentants, le Ministère des Affaires étrangères et les missions diplomatiques du Japon ont dit avoir été victimes de cyber-attaques. Les médias disent que certaines des attaques viennent de la Chine. Quelle est votre réaction à cet égard.

La position du gouvernement chinois sur cette question est claire. Nous condamnons fermement et interdisons strictement toutes activités de sabotage sur Internet. La Chine est aussi victime de cyber-attaques. Nous entendons continuer à renforcer notre coopération avec la communauté internationale pour lutter contre la cyber-criminalité.

Je voudrais cependant indiquer que la cyber-criminalité a pour caractéristique d’être transfrontalière et anonyme. Désigner arbitrairement un pays comme l’origine des attaques sans avoir mené aucune enquête relève de l’amateurisme et est irresponsable. Dans le passé, la Chine a été montrée du doigt par certains pays. Or les services chinois compétents n’ont jamais reçu de demande d’assistance judiciaire de leur part.

Q : Comment voyez-vous le deuxième tour de dialogue de haut niveau entre la RPDC et les Etats-Unis ?

R : Nous saluons les progrès obtenus lors de ce dialogue. La Chine entretient depuis toujours des contacts étroits avec les différentes parties. Il est de l’intérêt de toutes les parties que les pourparlers à six puissent reprendre le plus tôt possible. La Chine continuera à travailler ensemble avec les autres parties concernées dans ce sens.

Q : Selon nos informations, le gouvernement yéménite a conclu un accord de cessez-le-feu avec l’opposition. Quel est votre commentaire ?

R : Nous saluons la conclusion de cet accord et espérons que les différentes parties yéménites régleront leurs divergences par des moyens politiques, à travers le dialogue et la consultation, pour rouvrir le dialogue politique et rétablir la stabilité dans le pays.

Q : La réunion des dirigeants de l’APEC s’ouvrira bientôt. Quelles sont les attentes chinoises à cet égard ?

R : La 19e réunion des dirigeants des entités économiques de l’APEC se tiendra le mois prochain à Hawaï, aux Etats-Unis. Cette réunion, dont le thème est « Seamless Regional Economy », portera essentiellement sur l’approfondissement de l’intégration économique régionale, l’élargissement du commerce, la promotion de la croissance verte et le renforcement la coopération réglementaire.

La Chine espère que cette réunion de l’APEC donnera des résultats concrets dans les domaines suivants : premièrement, mettre en application la stratégie de croissance des dirigeants de l’APEC pour promouvoir une croissance équilibrée, inclusive, durable, innovante et sûre de l’économie d’Asie-Pacifique. Deuxièmement, promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement dans la région conformément aux objectifs de Bogor, renforcer la coopération économique et technologique régionale en vue d’une prospérité commune des membres de l’APEC. Troisièmement, renforcer la coopération pour améliorer la capacité des Etats membres, surtout des membres en développement, en matière de croissance verte. Quatrièmement, renforcer la restructuration économique et la coopération normative en vue de la création d’un environnement réglementaire régional dynamique, efficace, plus ouverte et favorable au développement du commerce et de l’investissement.

La Chine entend travailler ensemble avec les autres parties à faire avancer la réforme et la construction institutionnelle de l’APEC pour l’adapter à l’évolution du temps, renforcer son efficacité, améliorer sa pertinence et sa réactivité face aux grandes questions économiques internationales et consolider et renforcer son statut et son rôle dans la coopération régionale.

Construire une Asie-Pacifique plus harmonieuse, plus prospère et plus stable correspond aux intérêts de tous les Etats membres de l’APEC et constitue l’objectif à long terme de la coopération régionale. L’APEC est appelée à jouer un rôle unique dans la transformation du mode de développement des Etats membres, l’approfondissement de l’intégration économique régionale et la promotion de la libéralisation et de la facilitation du commerce et de l’investissement dans la région, ce en tenant compte de la nouvelle donne internationale en matière d’économie, de commerce et d’investissement, et en faisant valoir ses propres atouts.



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