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Conférence de presse du 21 septembre 2010
2010-09-21 10:04

Le 21 septembre 2010, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse.

Jiang Yu : Bonjour à tous. J’ai tout d’abord deux nouvelles à annoncer.

L’envoyé spécial du Président chinois Hu Jintao et Ministre de l’Industrie et de l’Informatisation Li Yizhong assistera, sur invitation, à la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance du Nigeria, prévue du 30 septembre au 2 octobre à Abuja.

Sur invitation du gouvernement chinois, le Vice-Président du Conseil des Ministres cubain Ricardo Cabrisas Ruiz effectuera une visite officielle en Chine du 25 septembre au 1er octobre.

Maintenant, je suis prête à répondre à vos questions.

Q : Le gouvernement philippin a présenté au gouvernement chinois et au gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong le rapport d’enquête sur l’affaire des otages hongkongais. Quel est le commentaire du gouvernement chinois sur ce rapport ? Deuxième question, le capitaine chinois est toujours en détention illégale au Japon. Est-ce que la Chine envisage de prendre de nouvelles contre-mesures ? Troisième question, le Premier Ministre Wen Jiabao qui part aujourd’hui pour des réunions des Nations Unies à New York aura-t-il une rencontre avec le dirigeant japonais ?

R : L’Ambassade de Chine aux Philippines a reçu le 20 septembre le premier rapport d’enquête sur l’ « affaire des otages du 23 août », rédigé par la Commission d’enquête philippine, et l’a transmis au gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong. Il faudra du temps pour bien étudier ce rapport qui est très long. A ce stade, on peut dire que les autorités philippines ont mené l’enquête et géré les affaires concernées avec une attitude sérieuse et sincère. Nous exprimons notre appréciation à cet égard et souhaitons que la partie philippine continue à gérer adéquatement cette affaire par respect pour les victimes et pour apporter du réconfort à leurs familles et aux personnes blessées. Nous espérons qu’elle prendra des mesures efficaces pour mieux protéger les ressortissants chinois aux Philippines et éviter la reproduction de tel drame. La partie chinoise est prête à travailler en commun avec la partie philippine pour continuer à promouvoir un développement sain et stable des relations entre les deux pays.

Concernant votre deuxième question, cette affaire a déjà porté gravement atteinte aux relations sino-japonaises. Pour éviter que la situation ne se détériore, il est essentiel que la partie japonaise libère immédiatement et sans condition le capitaine chinois. Nous espérons que la partie japonaise fera une juste appréciation de la situation, prendra des mesures concrètes et libérera immédiatement et sans condition le capitaine chinois.

Et concernant votre troisième question, l’ambiance actuelle n’est évidemment pas propice à une telle rencontre.

Q : Selon la presse japonaise, la Chine a envoyé deux navires militaires patrouiller dans les eaux du champs pétrolier et gazier Chunxiao. Veuillez confirmer cette information. Et selon certains médias, le Vice-Président philippin conduira une délégation en Chine pour apporter des explications supplémentaires sur le rapport d’enquête. Veuillez aussi confirmer cette information.

R : Je n’ai pas d’informations sur votre première question. Cela dit, je voudrais souligner que la Chine possède des droits souverains et une juridiction complets sur le champs Chunxiao. Les activités chinoises dans cette zone sont tout à fait légitimes et légales.

Concernant votre deuxième question, la partie chinoise et la partie philippine maintiendront des contacts à ce sujet.

Q : La partie chinoise s’est toujours dite prête à travailler ensemble avec le Japon pour exploiter les ressources halieutiques, pétrolières et gazières dans les eaux des îles Diaoyu. Si l’affaire de collision continue à se développer, la Chine envisage-t-elle de modifier cette politique pour explorer unilatéralement ces ressources ?

R : Je crois que vous avez confondu certaines notions très importantes. La partie chinoise possède des droits souverains et une juridiction complets sur le champs Chunxiao. Les activités chinoises sur le champs Chunxiao sont totalement légitimes et légales.

C’est le Japon qui a provoqué cet incident, puis multiplié les actes erronés, entraînant une escalade de la situation. Il détient par conséquent les clés du règlement des problèmes. Il doit de toute urgence prendre des mesures concrètes dans ce sens. Je voudrais souligner que la Chine ne transigera jamais sur une affaire qui touche à sa souveraineté. Il faut que le Japon bien apprécie la situation et libère immédiatement le capitaine chinois.

Q : Le Président américain Barack Obama a dit hier que la Chine n’avait pas fait suffisamment d’efforts pour permettre la réévaluation du RMB. Quel est votre commentaire à ce sujet ? Est-ce que cette question aura des impacts sur les relations sino-américaines ?

R : Récemment, les départements chinois compétents ont exposé à plusieurs reprises la position chinoise sur le taux de change du RMB. Un taux de change flottant régulé représente une politique bien établie de la Chine. La décision de la poursuite de la réforme du régime de change du RMB, prise en juin dernier, s’inscrit bien dans cette politique. Depuis le début de la réforme en 2005, le RMB s’est réévalué de 23,5% vis-à-vis du dollar. La réforme consiste à maintenir un régime de change basé sur l’offre et la demande du marché et régulé en référence à un panier de devises. Depuis le 19 juin dernier, le taux de change du RMB a connu des hauts et des bas et est devenu sensiblement plus flexible. Les réactions du marché ont été raisonnables et les prévisions de réévaluation restent plutôt faibles. Les efforts que la Chine a déployés en matière d’élargissement de la demande intérieure et de restructuration sont aussi sincères et fructueux.

Récemment, des voix discordantes se sont levées aux Etats-Unis pour montrer du doigt le taux de change du RMB et proposer de pousser par tous les moyens possibles le RMB à la réévaluation. C’est irréfléchi et court-termiste. Ce n’est pas un taux de change flottant du RMB qui va résoudre le déséquilibre du commerce bilatéral avec tel ou tel pays. Le déséquilibre du commerce sino-américain est dû à la division du travail international et non pas au taux de change. Le déficit commercial américain ne peut pas être résolu par une réévaluation du RMB, et ce point de vue est largement partagé même aux Etats-Unis. La Chine veille toujours à accroître l’importation de produits américains et espère que les Etats-Unis feront davantage d’efforts réels dans l’assouplissement des restrictions à l’exportation.

A l’heure actuelle, la Chine et les Etats-Unis devraient tous concentrer leurs efforts sur les préoccupations fondamentales, à savoir la promotion d’une reprise économique solide. En tant qu’émetteur de monnaie de réserve, les Etats-Unis doivent continuer à appliquer une politique budgétaire et monétaire responsable pour garantir une relative stabilité des parités des monnaies principales et apporter leur part de contribution à la reprise de l’économie mondiale.

Les relations sino-américaines ont actuellement devant elles des opportunités de développement importantes. Nous espérons travailler ensemble avec la partie américaine pour mettre en œuvre le consensus important auquel sont parvenus les deux Chefs d’Etat, renforcer les échanges de haut niveau et à tous les échelons, approfondir le dialogue, les échanges et la coopération dans divers domaines et trouver des solutions prudentes et adéquates aux divergences et aux questions sensibles afin de promouvoir un développement sain et régulier des relations sino-américaines. Le Premier Ministre Wen Jiabao partira bientôt pour New York où il participera à des réunions des Nations Unies. Selon l’actuel programme, il rencontrera le Président Obama le 23 septembre.

Q : La Chine a suspendu les échanges de niveau provincial/ministériel ou supérieur avec le Japon. Est-ce cela compromettra le développement futur des relations sino-japonaises ?

R : Il faut faire des efforts concrets pour un développement sain et régulier des relations sino-japonaises. Cette affaire a porté gravement atteinte aux relations sino-japonaises, et la clé du règlement du problème est entre les mains de la partie japonaise. Le Japon doit bien apprécier la situation et libérer immédiatement et sans condition le capitaine chinois.

Q : Certaines écoles chinoises au Japon ont subi des menaces des forces d’extrême droite. Est-ce que la Chine va prendre des mesures pour renforcer leur sécurité ?

R : Nous suivons avec une haute attention ces informations. Je rappelle qu’il est de la responsabilité du Japon de prendre des mesures effectives pour protéger les établissements et les ressortissants chinois au Japon.

Q : Est-ce que la Chine est prête à accepter que les Etats-Unis s’implique dans l’affaire de collision au large des îles Diaoyu ou pensez-vous que ce n’est pas l’affaire des Etats-Unis ?

R : C’est une affaire entre la Chine et le Japon. La partie japonaise doit libérer immédiatement et sans condition le capitaine chinois.

Q : La Chine a annoncé qu’elle suspendait les échanges de niveau provincial/ministériel ou supérieur avec le Japon. Quand est-ce qu’elle envisage de reprendre ces échanges ? Nous avons remarqué récemment des reportages sur la coopération sino-pakistanaise en matière nucléaire. Pourriez-vous nous présenter la politique chinoise concernant l’aide au Pakistan dans le développement de l’énergie nucléaire ?

R : Comme je viens de le dire, cette affaire a gravement affecté les relations et les échanges à différents niveaux entre la Chine et le Japon. C’est la partie japonaise qui en est le seul responsable. C’est elle qui a provoqué l’affaire avant de multiplier les actes erronés, entraînant une escalade de la situation. Si le Japon persiste dans cette voie erronée, il devra en assumer toutes les conséquences. Je voudrais souligner une fois encore que le Japon doit libérer immédiatement et sans condition le capitaine chinois.

Concernant votre deuxième question, la Chine et le Pakistan ont mené ces dernières années certains projets de coopération dans le domaine du nucléaire civile. Cette coopération à des fins pacifiques est conforme aux obligations internationales des deux pays et soumise aux garanties de l’AIEA. Les projets Chashma III et IV dont certains reportages ont fait état ont été mis en œuvre conformément à l’accord de coopération en matière d’électricité nucléaire signé par les deux pays en 2003. La Chine en a déjà informé l’AIEA et l’a soumis à ses garanties.

Q : Selon la presse, la Chine a pris un certain nombre de contre-mesures en demandant aux agences de voyage de limiter les visites touristiques des Chinois au Japon et en envoyant des navires de la marine dans les zones concernées. Quelles nouvelles mesures la Chine adoptera-t-elle à l’avenir ?

R : Je crois que les touristes chinois voyageront dans des endroits sûrs et agréables.

Le gouvernement chinois défend la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale avec une détermination inébranlable. La partie japonaise doit assumer toutes les responsabilités si elle persiste dans ses erreurs.

Q : Certains officiels japonais pensent que la Chine n’a pas dit au public la vérité sur l’affaire de collision et proposent que l’Agence japonaise pour la sécurité maritime rende public la bande vidéo de l’incident. Selon les médias japonais, le Ministère japonais de la Défense envisage d’augmenter en dix ans les effectifs des troupes stationnées à Okinawa. Quel est le commentaire de la partie chinoise ?

R : Je ne sais pas si le Japon rendra public le déroulement de l’incident, tel qu’il est du début à la fin. Mais vous pouvez imaginer à quoi cela ressemble quand un petit bateau de pêche tombe sur plusieurs grands navires. A ma connaissance, le chalutier chinois a été encerclé, intercepté, puis percuté par plusieurs patrouilleurs japonais le 7 alors qu’il opérait de manière tout à fait normale au large des îles Diaoyu. Nous exprimons nos vives protestations à cet égard. Le Japon doit libérer immédiatement et sans condition le capitaine chinois. C’est ça l’urgence du moment.

Concernant votre deuxième question, nous avons pris note ces informations, et nous espérons que le Japon agira dans l’intérêt de la paix et de la stabilité de la région.

Q : Le gouvernement chinois a décidé d’envoyer quatre hélicoptères participer aux opérations de sauvetage au Pakistan. Dans quelles régions ces appareils serviront-ils ?

R : Nous partageons les souffrances du peuple pakistanais touché par les inondations. La Chine a fourni par multiples canaux des aides humanitaires au Pakistan, dont une aide matérielle d’urgence d’une valeur de 320 millions de yuans RMB fournie par le gouvernement, des dons faits par les collectivités territoriales et entreprises et l’envoie de plusieurs équipes de sauvetage et équipes médicales dans les régions les plus touchées. Des hôpitaux de campagne et des hôpitaux ambulants chinois ont apporté aides et services aux sinistrés. Par ailleurs, l’Armée populaire de libération a récemment envoyé des équipes médicales et des hélicoptères participer aux opérations de sauvetage. Nous continuerons à fournir des aides nécessaires, rapides et sincères à la population pakistanaise sinistrée en fonction de leurs besoins pour les aider à reconstruire leurs foyers.

Q : Selon nos informations, les Etats-Unis et l’ASEAN tiendront des entretiens ce vendredi pour discuter du règlement pacifique des litiges entre la Chine et les pays de l’ASEAN dans la Mer de Chine méridionale et de la liberté de navigation dans cette mer. Quel est le commentaire de la partie chinoise à ce sujet ?

R : Les Etats-Unis sont l’un des partenaires de dialogue de l’ASEAN. Nous espérons que leur coopération aidera non seulement à développer leurs relations mais aussi à promouvoir la paix et la stabilité de la région.

Nous sommes très préoccupés par la perspective d’une quelconque déclaration entre les Etats-Unis et l’ASEAN sur la question de la Mer de Chine méridionale. A l’heure actuelle, la situation dans cette zone est stable dans son ensemble, et les relations entre la Chine et les pays de l’ASEAN sont en phase d’élargissement, d’approfondissement et de développement global avec une confiance politique mutuelle qui se renforce sans cesse.

La Chine possède une souveraineté incontestable sur les îles de la Mer de Chine méridionale et les eaux adjacentes. Nous préconisons depuis toujours des concertations amicales entre les pays concernés pour parvenir à une solution pacifique de cette question. Nous nous opposons fermement à toute ingérence des pays non concernés et à l’internationalisation, à la multilatéralisation et à l’extension de la question. Car cela ne peut que compliquer les choses.

Certains pays ont exprimé leurs préoccupations sur la liberté de navigation dans cette mer, et je voudrais souligner que la Chine garantit depuis toujours la liberté de navigation et de survol dont jouissent tous les pays dans la Mer de Chine méridionale conformément au droit international, et elle continuera à le faire. Or, toute parole ou acte susceptible de créer la tension ou l’opposition, voire même de semer la zizanie entre les pays vont à l’encontre de l’aspiration commune des pays de la région, à savoir la paix, la coopération et le développement.

Q : Selon des officiels américains, la Chine a qualifié la Mer de Chine méridionale d’intérêt vital pour elle. Veuillez confirmer cette information. Deuxième question, est-ce que la question du taux de change du RMB sera abordée lors de la rencontre entre le Premier Ministre Wen Jiabao et le Président Obama ?

R : Chaque pays a ses intérêts vitaux. Toutes questions qui touchent à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale et aux intérêts fondamentaux de développement sont évidemment d’une extrême importance pour un pays. La Chine estime que la question de la Mer de Chine méridionale est un litige lié à la souveraineté territoriale et aux droits et intérêts maritimes entre les pays concernés. Elle n’est pas une question entre la Chine et l’ASEAN, encore moins une question régionale ou internationale. Par conséquent, elle doit et ne peut qu’être réglée par les deux parties à travers des consultations amicales et d’une manière pacifique. Nous préconisons de « mettre de côté les divergences pour une exploitation commune » et œuvrons pour un règlement adéquat de cette question par des consultations bilatérales avec les pays concernés. Les canaux de communication existent et fonctionnent bien.

Sur votre deuxième question, nous publierons des informations s’y rapportant une fois la rencontre terminée.

Si vous n’avez pas d’autres questions, je vous remercie de votre présence. A la prochaine !



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